Pour une diététique du désir : Sachez coopérer

Cherchons à faire bien ensemble plutôt que mieux que l’autre, car, ici aussi, le mieux est l’ennemi du bien.





Il est un autre paradigme qu’il convient d’examiner, c’est celui de la compétition. Elle est peut-être inscrite en nous par la nature. Elle était sans doute utile quand il s’agissait de développer et de sauvegarder l’espèce humaine dans un milieu hostile. La dominance avait un sens : créer une espèce plus forte. Ceci nous a sans doute conduit où nous sommes. Nous devons apprendre – et il s’agit bien d’un apprentissage – nous devons apprendre à coopérer davantage. La coopération est presque toujours préférable à la compétition. Elle est plus efficace, plus productive, plus constructive, moins destructrice et tellement plus agréable à vivre. Cherchons à faire bien ensemble plutôt que mieux que l’autre, car, ici aussi, le mieux est l’ennemi du bien. Permettez-moi une métaphore. « C’est l’histoire d’un homme qui meurt… Ça commence mal ! Il arrive au ciel et rencontre Saint Pierre. Saint Pierre lui demande : « Quel bonheur de te voir ! Alors ? Où veux-tu aller ? En enfer ou au paradis ? » – Comment ? On peut choisir ? – Bien sûr ! On peut toujours choisir » Surpris, notre homme se méfie. – Si on peut choisir, alors je veux voir. On peut voir ? » – On peut voir. Suis-moi « . Saint Pierre entraîne notre homme dans un ascenseur et appuie sur un bouton. L’ascenseur descend. Cela dure un moment, puis il s’ouvre sur un jardin extraordinaire. Au milieu du jardin, il y a une table magnifique recouverte d’une nappe somptueuse, brodée de couleurs merveilleuses. Sur la nappe sont posés des plats plus appétissants les uns que les autres. Autour de la table des petits hommes tout gris, tout maigres, tout tristes, essayent de manger. Ils n’y arrivent pas, car chacun a une longue fourchette d’un mètre attachée à la main gauche et un long couteau d’un mètre attaché à la main droite. Ça, ça doit être l’enfer » pense notre homme. Le spectacle lui fait froid dans le dos. Ils reprennent l’ascenseur et cette fois, notre homme a la sensation de monter. Au bout d’un moment, la porte s’ouvre sur un jardin extraordinaire. Au milieu du jardin, il y a une table magnifique recouverte d’une nappe somptueuse, brodée de couleurs merveilleuses. Sur la nappe sont posés des plats plus appétissants les uns que les autres. Autour de la table des petits hommes tout roses, tout ronds, tout joyeux. Chacun a une longue fourchette d’un mètre attachée à la main gauche et un long couteau d’un mètre attaché à la main droite. Et chacun nourrissait celui d’en face ! »

Prenez soin de vous.